Association TransAide

Témoignage de Lyam

Bonjour,

Moi c’est Lyam, du moins officieusement pour l’instant. Voici mon témoignage sur ma transidentité.

Je ne sais pas réellement depuis quand j’ai compris que j’étais un garçon, mais étant enfant, déjà en maternelle j’avais du mal.
Un jour, on faisait des dessins de bonhomme de neige sur fond rose, le seul sur fond bleu était le mien. C’est assez cliché pour ce qui est des couleurs, mais mine de rien, en maternelle ce n’est pas forcément rien.
J’ai souvent eu le droit à des critiques dans mon enfance dans le genre : « Garçon manqué », ou des réflexions comme : « Arrêtes de porter des habits masculins » ou encore : « mets une jupe ou une robe ! », et cela depuis des années.

J’ai fini par prendre conscience de ma transidentité au collège, en 4ème. Je faisais énormément de jeux de rôle et je jouais toujours un personnage masculin. Lorsque les autres interprètes m’appelaient par le prénom de mon personnage et me genraient au masculin je me sentais un peu bizarre.
Un jour je leur ai demandé : “Pouvez-vous m’appeler Lyam et dire « il », j’aimerais vérifier quelque chose ?” Le fait d’entendre mon dead-name me faisais mal.

C’est donc à l’âge de 12ans que j’ai compris que j’étais un homme, peu importe le genre qui m’a été assigné à la naissance et ce que mon corps pouvait montrer.

Concernant mon coming-out., la première personne de ma famille à avoir été au courant fut ma soeur. J’ai profité de vacances en Savoie (habitant dans les Hauts-De-France) chez un ami qui le savait et qui était prêt à m’héberger si la réaction de ma famille était mauvaise. Elle m’a appelé en pleurant et la seule chose qu’elle m’ait dite fût “Après tout, aux échographies on nous a toujours dit que tu étais un garçon avant ta naissance, alors c’était peut-être écrit dans l’histoire petit frère”…

Pour ce qui est de mes parents, j’ai mis un peu plus de temps à leur dire (en 2019) ; ma mère a eu une réaction qui m’a fait rire, elle se demandait combien de temps allait-il encore me falloir, pour le lui annoncer. Mon père a eu plus de mal mais il commence à s’y faire, même si mon dead-name lui échappe encore de temps à autre.
J’ai fini par me dire que je ne trouverai jamais personne pour m’accepter tel que je suis, puis j’ai rencontré celui qui est mon copain depuis 4 mois, il m’a toujours connu sous le prénom de Lyam et m’a accepté tel quel.

Niveau doute je n’en ai pas, en revanche j’ai des peurs.
Les injections me font peur même si j’ai hâte d’avoir la première.
Concernant les opérations, avec ma santé, la phalloplastie devra attendre que j’en ai le courage …
Ma plus grosse joie jusqu’à maintenant a été un matin où ma mère m’a dit “Tu as un colis” alors que je n’avais rien commandé, donc j’ai trouvé ça bizarre. En ouvrant le dit colis, j’ai tout de suite su ce que c’était. Ma mère, qui voulait que je prenne mon temps pour ne pas regretter, m’avait offert mon binder ! La première fois que je l’ai enfilé devant le miroir, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps je crois !

Pour finir, je suis bénévole à la croix rouge, j’ai appris récemment par une collègue croisée par hasard (à cause de la COVID 19 on ne se voit plus), que notre directeur local avait demandé à tout le monde de dire « il » en parlant de moi.
Ma conseillère de la garantie jeune marque mon dead-name sur les papiers mais m’appelle Lyam.

Tous mes amis également, et ça c’est une victoire !

Lyam Tavennec